Wolfgang Amadeus Mozart - Angelin Preljocaj
Décors : Thierry Leproust
Costumes : Hervé Pierre
Isabelle Guérin, Etoile
Laurent Hilaire, Etoile
Ballet et Orchestre
de l'Opéra national de Paris
Direction musicale : Stéphane Denève
BAC209 / Ballet enregistré à l'Opéra de Paris (Bastille)
En quinze ans, le chorégraphe Angelin Preljocaj – à la manière d’un sociologue – a mûri une œuvre critique, démystifiant quelques symboles-tabous (les monuments aux morts dans A nos héros en 1986, ou Jeanne d’Arc dans Hallali Romée en 1987), traitant du rituel de l’amour et du mariage (avec Liqueurs de chair 1988 et Noces 1989), avant de s’attaquer aux mythes du ballet classique: Roméo et Juliette qu’il transporte dans l’univers concentrationnaire d’une B.D. futuriste (1990), et Le Spectre de la rose, dont il fait une rêverie érotique (1993). Une sorte de travail sémantique sur les images du corps et les fantasmes qu’elles suscitent.
Avec Le Parc, qu’il crée en 1994 pour les danseurs du Ballet de l’Opéra, il s’interroge avec lucidité sur le cheminement des passions et la guerre des sexes.
Jeux de l’amour, dans un jardin français
A la recherche de ce qui reste encore d’un «art d’aimer », Angelin Preljocaj a visité la littérature des dix-septième et dix-huitième siècles français, qui ont fait pousser une floraison de codes et de comportements amoureux, de la sublimation platonique au libertinage : sentiments pudiquement contenus de La Princesse de Clèves de Mme de La Fayette, ou audaces diaboliquement calculées des Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos, en passant par la Carte du Tendre de Melle de Scudéry1 – précieux jeu de l’oie de la conquête du cœur – sans oublier les miroirs trompeurs du travestissement cher à Marivaux.
Guidé par des musiques empruntées à Mozart (quelques uns des plus beaux adagios de ses concertos pour piano), le chorégraphe plante – en trois actes – son petit théâtre des stratégies galantes, cruel échiquier des passions, dont l’enjeu est l’éclosion de l’amour vrai.
1. Dans la Carte du Tendre décrite dans le roman de la Clélie (1654), on doit traverser les marécages des Terres inconnues. avant de franchir la rivière « Dangereuse ». pour atteindre enfin « Tendresse » ou « Grand Cœur ».
Le décor du Parc n’est pas réellement bucolique, et s’il garde quelqu’apparence de jardin pour ébats amoureux, de labyrinthe propice aux parties de cache-cache métaphoriques du fruit défendu, la nature s’y trouve contrôlée, architecturée, précisément «dénaturée»: les bosquets sont taillés au chalumeau, et les branches d’arbres émondées en forme de cages pour retenir les cœurs prisonniers.
Le ciel lui-même, lourd de nuages qui s’amoncellent, fait peser des menaces d’orage sur les âmes tourmentées.
En ces lieux inhospitaliers, un quatuor de jardiniers – modernes cupidons aux lunettes noires (l’amour est aveugle!) – rythme la mécanique des affrontements sentimentaux : on s’observe, on s’aguiche, on se désire, on se refuse.
Avec leur aide industrieuse, les forteresses de l’orgueil finiront par céder, libérant des ardeurs trop longtemps réprimées.
Le ballet Le Parc a été créé le 9 avril 1994 (avec Isabelle Guérin et Laurent
Cette chorégraphie d’Angelin Preljocaj a reçu – en 1995 – le « Benois de la Danse » (Moscou) et le film qui en a été tourné pour la télévision réalisé par Denis Caïozzi et ici édité en DVD a obtenu le Grand Prix International de Vidéo-Danse, à Nice en décembre 1999.
PRESSE DU SPECTACLE
« La perfection – Plus on revoit Le Parc plus on admire la subtilité de la chorégraphie, la richesse et l’invention d’un vocabulaire original, la fermeté de l’écriture de Preljocaj qui, avec sa première création pour le Ballet de l’opéra, a réussi un coup de maître »
« On ne peut imaginer Le Parc sans ses créateurs, Isabelle Guérin et Laurent Hilaire. Artistes complets aussi sublimes danseurs qu’acteurs, ils émeuvent par leur intensité dramatique, et par leur tendresse bouleversante dans le dernier duo »
René Sirvin – Le Figaro 9 avril 1999
« Un Parc romantique à la française » J.-P. B. – La Tribune 8 avril 1999
« Le Parc : un jardin à la française des passions amoureuses. Pour sa création mondiale à l’Opéra de Paris, le jeune chorégraphe a élu Mozart et la libertine « carte du tendre ».
Un choix astucieux et un résultat superbe. » Anne Odier – La tribune 12 avril 1994
« Pieds nus dans le parc – Sur une trame mozartienne, un ballet d’Angelin Preljocaj.
La relève de la danse française. » Jacqueline Thuilleux – Valeurs actuelles 18 avril 1994
« Angelin Preljocaj met l’opéra en émoi » A. Da. – Le Parisien 22 février 2002
- Réalisation: Denis Caïozzi
- Bonus: Interview d'Angelin Preljocaj (10 min)
- Durée: 92 min - Image: 16/9 NTSC
- Audio: PCM Stereo / Dolby digital 5.1
- Sous-titres: Français / Anglais / Allemand
- Zones: Toutes zones - 1 disque(s) - Date de sortie:







